vendredi 4 mai 2012

Le Val d’Oise, un territoire en devenir

Le Val d’Oise est un territoire stratégique de l’Ile-de-France, mal intégré dans les opérations du Grand Paris :
- Porte de l’Ile-de-France avec sur son flanc Est Roissy, le principal aéroport d’Europe continentale, et sur son flanc Ouest la Seine Aval, le Val d’Oise, présente des atouts sérieux, comme la diversité de ses territoires urbains et ruraux, la jeunesse de sa population (la plus jeune de la région), la bonne desserte autoroutière de certains secteurs, le dynamisme de son parc universitaire (le deuxième d’Ile-de-France) et de ses entreprises de pointe.
- Le Val d’Oise se situe néanmoins depuis quelques années en retrait par
rapport à une région d’Ile-de-France elle-même en difficulté :
  • emploi en berne et perte de dynamisme des pôles de compétitivité ; alors que le Val d’Oise bénéficie moins des retombées de Roissy que ne le font les départements voisins ;
  • difficultés de transport de plus en plus flagrantes pour les valdoisiens, tant pour les axes routiers que pour les transports collectifs, devenus vétustes et incertains ;
  • mal vivre dans de nombreux secteurs dont la rénovation urbaine tarde cruellement à produire ses effets, et dont certains risquent de devenir -malgré les efforts de tous- des zones de non droit ;
  • insécurité de plus en plus ressentie alors que les effectifs des administrations sont de plus en plus centrés sur la petite couronne (le déficit du nombre de policiers par rapport à la Seine-Saint-Denis s’accroît) ;
  • difficultés croissantes pour les services sociaux (personnes âgées, personnes handicapées) alors que le Conseil général du Val d’Oise est très endetté et que l’intercommunalité tarde à se mettre concrètement en place ;
  • nuisances environnementales très fortes, tant en matière aérienne que routière, avec une difficulté pour préserver ses secteurs verts en dépit de l’opération VEXIN.
- Dans ce contexte difficile, le Val d’Oise est de l’avis général l’oublié du Grand Paris. A tous les niveaux, les projets phares des pouvoirs publics ne le concernent que dans ses marges :
  • la ligne de métro automatique ignore l’essentiel du Val d’Oise pour ne desservir -fort heureusement- que Gonesse et Roissy. Argenteuil, deuxième agglomération de la Région, aurait pu être choisie, ne serait-ce que pour concrétiser les projets de lien entre Paris et la mer, grande orientation du projet ;
  • les projets du Val d’Oise ne concernent pas la partie centrale du territoire et restent encore à l’état de vague projet peu abouti, et à certains égards inquiétants : il en est ainsi des projets « Europa City» pour le triangle de Gonesse et du Dôme de Sarcelles, spécialisés dans le tourisme international. Ces projets ne sont pas destinés à répondre aux valdoisiens. Pôle d’excellence logistique et maritime, le projet de CONFLUENCE souffrira de ne pas être relié aux grands axes de circulation du Grand Paris ;
  • les vrais axes forts du Grand Paris sont à l’extérieur du département : Saint-Denis Pleyel, cluster autour de la création numérique, qui risque de monopoliser la création en ce domaine ; la Défense, territoire d’excellence confirmé, et toujours Roissy, pôle international toujours aussi peu relié aux grands centres d’emploi et de résidence du département ;
  • de ce fait, la nouvelle spécialisation du Val d’Oise dans le développement régional pourrait bien être l’habitat, en raison notamment du coût de plus en plus élevé des logements à Paris et en Petite Couronne. Il faudrait densifier le logement dans nos villes qui sont peu dotées en équipements collectifs.
Le rééquilibrage qui s’impose implique un changement de priorités :
  • moins de nouveaux logements, et plus d’activité dans le Val d’Oise. Priorité aux services et à l’équilibre avec des espaces naturels ; priorité à la réhabilitation du logement ancien. Non à la densification de l’habitat ;
  • davantage de moyens de transports sécurisés, modernes et adaptés aux besoins de déplacement des franciliens ; des lieux mieux sécurisés pour les déplacements de banlieue à banlieue ;
  • davantage de présence des différents services publics de l’Etat, par rééquilibrage avec Paris et la proche couronne (enseignants, infirmiers, police et maintien de l’ordre) ;
  • un effort de tous pour la préservation des secteurs naturels, le développement de l’agriculture dans l’Ouest du département, mais aussi les secteurs d’équilibre, et la mise en valeur d’espaces verts de qualité pour tous ;
  • Un soutien plus fort à la vie associative, encore largement insuffisamment soutenue dans le département, et notamment lorsqu’il s’agit de prendre en compte des solidarités familiales ou de proximité.

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