dimanche 10 février 2013

Lettre ouverte aux Députés de la République concernant le "Mariage pour tous"

Franck DEBEAUD
Délégué du PCD
Argenteuil
Le 9 février de l’an 2013

Lettre ouverte aux Députés de la République

Madame, Monsieur le Député,
Le projet sur le mariage et l’adoption pour les couples de même sexe sera voté mardi prochain.
Ce projet mensonger et injuste porte les germes de frustrations, de ressentiments, de cassure et de violence au sein de notre société.
De ce fait cette loi, si elle était appliquée,  aurait certainement  l’effet contraire à celui escompté sur l’intégration des homosexuels dans
notre société.
Pour un sujet touchant aux fondements de notre société il eut été souhaitable de ne pas donner la solution avant l’énoncé du problème et de prendre le temps d’un réel débat avant de proposer une loi.  L’élaboration de la loi Léonetti est à ce titre un exemple et son approbation historique à l’unanimité en est la consécration.
Les revendications légitimes pour tenir compte de l’évolution de notre société, pour que tous trouvent leur place, pour qu’un changement en terme de droits sociaux (par exemple ; héritage, pension de réversion) soit établi pourrait faire consensus. Mais elles sont perverties dans ce projet par l’abolition de toute identité et de toute frontière ; la réalité  sexuelle s’effaçant au profit de l’orientation sexuelle, la filiation perdant tout repère symbolique et biologique. Le sentiment amoureux devenant ainsi la seule boussole de notre droit, ce qui à terme ouvrirait de nouvelles portes.
Le mensonge commence dans l‘argumentaire « l’égalité des droits », comme s’il y avait inégalité de droit des citoyens français devant le mariage. Il faudrait aussi au nom de ce principe d’égalité de tous les citoyens face aux institutions que l’on ne crée pas un « mariage bis » pour une catégorie de citoyens. Mais il est question de créer de nouveaux droits non pour une catégorie de citoyens, mais pour des relations différentes, la relation homosexuelle étant par nature stérile contrairement à la relation hétérosexuelle. Et, au contraire, ce serait injuste de nommer mariage deux réalités, deux relations fondamentalement différentes. Un nom distinct aurait le mérite de la clarté. L’uniformisation, ainsi créée, serait source de confusion et de modification du sens du mot mariage, union d’un homme et d’une femme. Mais c’est peut-être l’objet réel du projet.
Ce projet mensonger voudrait faire croire qu’un couple homosexuel n’est pas différent d’un couple hétérosexuel. Deux hommes, deux femmes, un homme et une femme ce ne serait pas différent.  Nous partageons bien entendu une commune humanité, une inaliénable dignité, mais notre sexe caractérise notre identité au premier jour de notre vie. Défendre qu’un homme et une femme c’est la même chose relève de l’aveuglement dogmatique, de la sidération de l’intelligence et remet en cause les fondements de notre civilisation. Mais c’est peut-être l’objet réel du projet.
Ce projet mensonger voudrait faire croire que la société est inégalitaire envers les couples de même sexe alors que c’est la réalité qui les fait différents et ne leur permet pas d’être parent de manière naturelle. La société devant pallier à cette inégalité de la nature en autorisant l’adoption, demain la procréation médicalement assistée et après-demain la gestation pour autrui pour les couples de même sexe. C’est la famille, composée d’un homme, d’une femme et des enfants, cellule de base de notre société qui sera ainsi déstructurée. Mais c’est peut-être l’objet réel du projet.
Ce projet injuste privera des couples hétérosexuels de leur espoir d’adoption avec la fermeture de l’adoption étrangère de nombreux pays si cette loi était adoptée. C’est le projet de l’adoption pour personne. Le refus d’interdire les quotas pour favoriser les adoptions par des couples de même sexe, même si l’on constatait un faible nombre, voire une absence d’adoption par les couples de même sexe, nous montre aussi que ce n’est pas l’intérêt de l’enfant qui est en jeu mais le dogme de la non-discrimination.
Ce projet injuste modifierait l'attribution automatique du nom du père à l'enfant, au profit de celui des deux parents. Ainsi la place symbolique du père dans la famille, serait ainsi anéantie aboutissement d’un dogme égalitariste confondant l’oppression et la protection. Mais c’est peut-être l’objet réel du projet.
Ce projet injuste refuse aux parents de déterminer, avant la majorité des enfants, les modalités selon lesquelles ces derniers seraient accueillis, s’ils disparaissaient prématurément. Un enfant pourrait donc être adopté par deux homosexuels contre la volonté de ses parents. Ce refus piétine l’autorité des parents et viole leur conscience sous prétexte du dogme de la non-discrimination. Mais c’est peut-être l’objet réel du projet.
Enfin ce projet injuste et mensonger, et c’est le plus grave, priverait délibérément un enfant d’un père ou d’une mère sous prétexte que la seule chose qui compte c’est l’amour que l’on porte à un enfant. Tous les livres écrits sur l’identification d’un enfant à la mère ou au père, sur l’importance de l’altérité homme femme pour se construire pourraient alors être entassés sur une grande place pour y être brulés. Un enfant pourrait alors être juridiquement l’enfant de deux pères ou de deux mères. Ainsi pour palier à la frustration, à la souffrance des homosexuels de ne pas pouvoir avoir d’enfants, notre droit devrait créer une aberration anthropologique ou plutôt un « progrès » anthropologique. Le parti socialiste pourrait alors se vanter d’avoir fait « évoluer » la société. Mais c’est peut-être l’objet réel du projet.
Lorsque les français prendront conscience de ce qu’il y a de déstructurant pour les enfants, de tout ce qu’il y a d’injuste et de mensonger dans ce projet de loi, les frustrations grandiront et les ressentiments produiront des tensions au sein de la société française avec des effets destructeurs pour la cohésion de notre pays.
C’est pourquoi je vous demande de bien réfléchir aux conséquences de votre vote et de voter en conscience ce projet de loi.
Je vous prie de recevoir, Madame, Monsieur le Député, l’expression de mes respectueuses salutations.

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