mardi 2 mai 2017

Je ne cautionnerai pas !

Dimanche 7 mai, nous sommes appelés à voter au 2e tour de l’élection présidentielle. Nous sommes à un moment déterminant de notre vie politique compte tenu du choix que nous avons. J’avais au lendemain du premier tour exprimé mon sentiment quant à ce qui se profilait : un président choisi par défaut et la nécessité d’une nouvelle opposition. Vous êtes nombreux à me demander quel sera mon choix en ce deuxième tour entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Je veux partager avec vous mon point de vue, en toute transparence et sans langue de bois.

Une vision ultra-libérale et libertaire …

Emmanuel Macron, un homme qui manque d’expérience politique (il n’a jamais été élu) et qui n’adopte jamais de position claire, propose une vision de la société pour le moins dangereuse. Tout à la fois ultra-libéral et libertaire, sa conception de l’économie, du travail et
de la famille s’oppose en tous points à l’idée que je me fais du bien commun.
Ministre de l’économie dans le gouvernement socialiste sortant, il a œuvré activement à la vente d’un fleuron de l’industrie française d’importance stratégique, Alstom, aux Américains[i]. Il a libéralisé le secteur des autocars (les fameux cars Macron),  créant ainsi une concurrence acharnée qui a mené à un échec retentissant[ii]. Il a fait voter une loi pour favoriser le travail le dimanche, un travail le plus souvent subi, au détriment de la vie familiale et du repos nécessaire à tout à chacun.
Jean-Frédéric Poisson a été un de ses principaux adversaires à l’assemblée nationale, il décrit sa vision dérégulée de la société ainsi « les travailleurs, et spécialement les précaires et les plus fragiles, seront réduits à l'état de variable d’ajustement économique. »
Avec le soutien indéfectible de Pierre Bergé[iii], il a durant sa campagne électorale fait part de sa position favorable à la PMA[iv] et à la GPA[v], réduisant ainsi la personne humaine à un produit ou un service marchand comme un autre.

… Face à une conception étatiste et inégalitaire

Marine Le Pen, quant à elle, fait courir au pays un risque de grave blocage institutionnel. Il est fort peu probable qu’elle réunisse une majorité parlementaire et les propositions de lois de son gouvernement se heurteraient à une opposition systématique.
L’éthique de nombre de ses propositions est incompatible avec le respect de la vie et des individus. En effet, elle est favorable  au  rétablissement  de  la  peine  de  mort. Elle a par ailleurs  proposé une fausse solution pour favoriser le retour à l’emploi des chômeurs français : la  préférence nationale à l’embauche. Comment concevoir une société avec des personnes reléguées en seconde zone ? Cela va à l’encontre la méritocratie, que nous défendons avec conviction au PCD.
L’Europe de laquelle Marine Le Pen veut faire sortir la France est pour moi, le gage de la paix[vi]. N’oublions pas que le projet européen est né précisément au sortir de la Seconde Guerre mondiale pour éviter de faire sombrer le continent européen dans une nouvelle guerre fratricide.
Pour terminer, je reprendrai les déclarations de Jean-Frédéric Poisson, auxquelles je souscris pleinement : «    Avec le Front national, j'ai  des  divergences  très  profondes  sur  une  conception  nationalisée  de  l'économie,  une laïcisation généralisée de l'espace public, une relation à l'école très étatiste». Oui, les divergences sont nombreuses, diverses et profondes.
Alors non, le 7 mai prochain, je ne me fais pas à l’idée de voter par défaut ni pour l’un ni pour l’autre.
Pour des raisons différentes, ces deux candidatures sont dangereuses pour la France et je ne les cautionnerai pas par mon vote.
Je pense qu’un vote blanc ou nul ou encore que l’abstention, en masse, affaiblira le vainqueur du 2e tour.

L’enjeu aujourd’hui est d’avoir une opposition forte à l’assemblée quel que soit le résultat. 
Votre député, je serai un acteur déterminé de cette nouvelle opposition.





[iii] Il a notamment déclaré « Louer son ventre pour faire un enfant ou louer ses bras pour travailler à l'usine, quelle différence ? »
[iv] Procréation Médicalement Assistée
[v] Gestation Pour Autrui ou mère porteuse

3 commentaires:

  1. Contrairement au bourrage de crânes l'abstention, le vote blanc ou nul ne favorise ni le FN ni la Macronnerie.
    C'est une non expression du suffrage.
    Par contre on peut dire qu'il ne retire pas de voix au candidat en tête et n'en ajoute pas au second candidat, de ce fait il peut profiter à celui qui est en tête, c'est tout.
    De toute façon les français auront un président qui ne représentera qu'un sixième des électeurs inscrits. Et on ose nommer cela démocratie. Balivernes !

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  2. Pourquoi exclure la préférence nationale, puisqu'elle a toujours existé dans la fonction publique... Je ne comprends pas votre raisonnement qui consiste à traiter les Français et les étrangers de la même façon! Tous les pays du monde traitent mieux leurs nationaux que les étrangers, ça n'est pas de la xénophobie mais un ordre de priorité. Les étrangers n'ont pas tout à fait les mêmes droits, ce que j'accepte moi, Français, quand je suis à l'étranger. Dans toutes les familles nous faisons pareil. Cordialement.

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    1. En dehors des emplois réservés aux français pour des prérogatives de souveraineté nationale, je considère que le critère pour une embauche doit être la compétence et non la nationalité. Même s'il y a des droits différents notamment concernant le vote, notre tradition d'accueil, d'intégration de
      personnes de nationalités étrangères fait partie de la grandeur, du rayonnement de la France et de ses valeurs incarnées dans notre devise liberté, égalité, fraternité. La question à poser est plutôt celle du nombre de personnes étrangères que nous sommes capables d'accueillir et d'intégrer (travail, logement) en France. C'est pourquoi, je souhaite que nous retrouvions la maîtrise de nos frontières en dénonçant les accords de Schengen.

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