vendredi 16 janvier 2015

Terrorisme : lettre ouverte de Jean-Frédéric Poisson, Président du PCD, à François Hollande

Charlie Hebdo. Dans une lettre ouverte adressée à François Hollande, le président du Parti Chrétien Démocrate et Député des Yvelines, Jean-Frédéric Poisson, demande à François Hollande comment il compte lutter concrètement contre l'islamisme radical et quels moyens il souhaite prendre pour faire face à la guerre déclarée à la France.
Monsieur le Président de la République,

Je veux d’abord vous remercier de l’attitude que vous et le gouvernement avez adoptée ces derniers jours.
Derrière l'unanimité émouvante des Français se dresse une exaspération qu'il n'est plus possible de contenir. Au-delà du deuil, et au-delà de la
compréhension des  événements de ces jours-ci, dont la vérité doit être partagée, notre devoir collectif consiste à examiner l'ensemble des causes qui ont conduit aux tragédies de la semaine dernière.
Les Français n'accepteront pas que les drames que nous traversons ne débouchent que sur l'expression collective de la protestation, un déroulement normal des procédures judiciaires, une sécurité renforcée et une volonté de commémoration, même si chacune de ces dimensions est indispensable.
Si les Français sont exaspérés, c’est qu’ils constatent, depuis de longues années, que l’expression de leurs craintes et de leurs questions ne rencontre que des dénégations. Ou qu’on leur répond invariablement que le plus important est le maintien d’un modèle social fondé en réalité sur l’échec total de l’intégration, la fragilisation des familles et l’affaiblissement des institutions.
Qu’avez-vous à dire aux Français sur la réduction incessante des moyens budgétaires accordés aux forces de défense et de sécurité publique ? Etes-vous prêt à changer de politique sur ce point ?
Quelle réforme de l’enseignement et des programmes êtes-vous prêt à engager pour faire en sorte que les enseignants ne soient plus réduits à l’impuissance lorsqu’il s’agit de rendre hommage à nos morts ou d’enseigner l’histoire ? Quelle place donnez-vous aux familles dans ce but ?
Comment comptez-vous expulser du territoire les imams étrangers aujourd’hui titulaires de titres de séjour en règle, mais dont les prêches dans certaines mosquées sont autant d’invitations ouvertes à lutter contre la France ? Et commet traitez-vous les imams français coupables des mêmes discours ?
Quelles instructions donnerez-vous au Gouvernement pour que les forces de l’ordre investissent les quartiers où fleurissent des dépôts d’armes clandestins ? Etes-vous prêt à assumer devant les Français des opérations d’une très grande fermeté avec toutes leurs conséquences ?
Quelles conséquences tirerez-vous de ces tragédies en termes de politique migratoire ?
Quels moyens allez-vous donner aux directeurs des prisons pour lutter efficacement contre la radicalisation islamiste en milieu carcéral ? Qu’entendez-vous modifier à votre politique carcérale pour accompagner une telle action ?
Qu’allez-vous proposer aux musulmans de France pour donner toute leur place aux nombreux imams et aux intellectuels qui sont prêts à engager conformément à la tradition critique de notre pays, un examen critique du Coran et de ses sourates qui appellent au crime contre les « infidèles » ? Entendez-vous accorder aux chrétiens la même considération qu’aux musulmans et aux juifs (ils la méritent) qui sont en France ?
Que ferez-vous pour protéger les personnels hospitaliers contre les agressions fréquentes dont ils sont l’objet de la part des obscurantistes qui n’acceptent pas qu’une femme peut être soignée par un homme ?
Comment comptez-vous endiguer la prolifération de l’abattage halal, aujourd’hui opérée dans une absence totale d’information vers les consommateurs ?
Comment comptez-vous réorienter la politique étrangère française, en tenant davantage compte du martyre des chrétiens d’Orient, et en accordant davantage de considération à la Russie, seule puissance étrangère réellement engagée dans le secours des chrétiens persécutés ?
Monsieur le Président de la République, ces questions sont essentielles, en dépit de leur caractère concret. Elles sont politiques, du fait de leur caractère opérationnel.
Et pour tout vous dire, aujourd’hui je suis inquiet. Inquiet, lorsque j’entends le ministre des affaires étrangères dire qu’il ne faut pas évoquer l’islamisme : mais alors qui désigner ? Inquiet lorsque j’entends le ministre de l’éducation nationale minimiser l’ampleur des contestations des enfants dans les écoles qui contestent les minutes de silence : mais alors que considérer comme grave ? Inquiet lorsque je vous entends dire que la France fera de la lutte contre le racisme une priorité : mais quoi d’autre ? Inquiet lorsque le Gouvernement semble réduire sa réponse opérationnelle à des dispositions nouvelles – certes essentielles – à des moyens de surveillance et de maintien de l’ordre renforcés.
La question aujourd’hui posée à l’exécutif est simple : comment allez-vous prendre toute la dimension de cette guerre faite aujourd’hui non pas à un organe de presse, mais à toute la France, et en tirer toutes les conséquences ?
J’aurais préféré avoir l’occasion d’évoquer ces sujets avec vous de vive voix, si toutefois votre sens du « rassemblement » et de « l’unité » était allé jusqu’à convier le représentant du Parti Chrétien Démocrate comme les autres partis politiques à vos consultations de la semaine dernière. Je veux espérer que le nom du parti que je préside n’a rien à voir avec cette décision. Mais je constate les limites de la force des principes que vous voulez mettre en œuvre. Et je me demande de ce fait jusqu’où votre posture de fermeté tiendra. Oui, décidément, je suis inquiet. D’autant plus inquiet qu’une réponse efficace à chacune de ces questions constituerait un total revirement par rapport aux politiques que vous conduisez depuis presque trois ans, et que les socialistes français défendent depuis trente ans.
Il n’est pas encore trop tard pour engager avec les responsables des partis politiques une réflexion en vérité sur tous ces thèmes.
Jean-Frédéric Poisson
Député des Yvelines
Président du PCD

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